Erin se félicita d’avoir insisté pour partir en avance. Trouver le campus n’avait pas été compliqué mais après un trajet à pied depuis l’arrêt de bus qui lui avait semblé interminable, voulant aller au plus court, ils s’étaient retrouvés bloqués du mauvais côté d’une porte verrouillée avant qu’un étudiant ne leur indique comment faire le tour et trouver l’entrée publique de l’IRISA1.

Comme pour tester leurs nerfs, la porte sécurisée pivotait lentement sous les ordre de l’hôtesse d’accueil qui les attendait souriante derrière la baie vitrée.

— « Nous venons pour le concours, s’empressa de dire Phyl, c’est par où ?

– Bonjour, vous êtes au bon endroit, mais d’abord, je dois vérifier vos identités.

— Eh bien, vous ne rigolez pas côté sécurité, dit Erin en lui présentant sa carte d’identité.

— Oui, d’habitude, c’est à cause de vigipirate mais pour le concours, ils me demandent de vérifier que tout le monde est bien sur la liste et qu’il ne manque personne. Vous pouvez suivre les panneaux jusqu’au hall, leur dit-elle en leur rendant leurs papiers.

Heureusement, le hall était à deux pas. Erin avait été impressionnée par la taille du bâtiment et s’étaient inquiétée de devoir y trouver son chemin. Rassurée, elle s’approcha du buffet qui avait été dressé pour le concours et voulu se servir une tasse de café.

— Moi, ce que je vois surtout, c’est qu’on est super bien reçu, dit Phyl en se dirigeant vers les croissants.

Ils n’eurent pas vraiment le temps de profiter du buffet qu’un homme en costume noir, invita les participants à entrer et prendre une place dans l’amphithéâtre derrière lui.

La lumière d’un vidéo-projecteur éclairait la salle. Sur l’écran, « Bienvenue » s’affichait sobrement.

Erin laissa Phyl chercher une place le plus à l’avant. De son côté, elle préférait largement les fonds d’amphis et se trouva une place plus tranquille d’où elle pourrait observer le reste du monde. Certains, l’air stressé, compensaient en tapant régulièrement leur stylo sur la table. D’autres, comme ce garçon, en profitaient pour draguer leur voisine…

L’homme pris place sur l’estrade et après les avoir remercié de s’être déplacés, il leur rapela que l’ENISA organisait ce concours afin de détecter des étudiants à fort potentiel, et que ces étudiants auraient l’opportunité d’intégrer l’Académie, une toute nouvelle école de haut niveau, où on les formeraient à des technologies dernier cri.

Il s’agissait d’un concours à numerus clausus, avec deux cent cinquante places pour la France.

Celui-ci se déroulait simultanément dans tous les centres d’examens répartis en Europe, et comporterait trois épreuves théoriques le matin et une épreuve pratique l’après midi.

Après ce discours, on leur distribua des enveloppes avec le sujet, à ne pas ouvrir avant le top départ.

  1. Institut de Recherche en Informatique et Systèmes Aléatoires.