Cerise poussa Erin dans le flot des personnes qui suivait leur guide.

— « Qu’est-ce qu’ils peuvent bien vouloir cacher à ce point qu’on ait même pas le droit d’aller se balader…, demanda Cerise.

— Bah, on s’en fout, on est là, et c’est ce qu’on voulait. Nous on est dedans ! rétorqua Phyl.

— Oui, ben j’espère qu’ils auront prévu des discothèques et de quoi faire du shopping dans leur académie, parce que vivre en autarcie, c’est bien beau, mais moi, je ne compte pas passer mon temps à juste bosser », lui répondit Cerise d’un air boudeur.

Erin se demandait déjà s’il existait un moyen de contourner la barrière… Après tout, on ne se refaisait pas… Erin avait toujours aimé chercher les points faibles des mécanismes de protection.

Ils entrèrent dans le bâtiment principal et visitèrent les locaux administratifs; une enfilade de bureaux. Au bout se situait le bureau de Monsieur Kowalczyk.

On leur signala ensuite que le reste du bâtiment ne leur était d’aucune utilité, et ne leur était pas spécialement destiné et qu’on ne leur ferait pas visiter. Il s’agissait entre autres de salles serveurs.

Ils contournèrent ensuite le bâtiment principal, et à leur grande surprise, à l’arrière de celui-ci s’étendait une sorte de petite ville.

On pouvait y trouver un petit hôpital, pour pallier aux problèmes les plus urgents sans devoir quitter la vallée et une caserne de pompiers. Une autre partie de la ville comportait des équipements de loisirs afin qu’ils puissent s’occuper en fin de journée et les Week-ends, toujours sans avoir besoin de sortir de l’enceinte.

La plupart des personnes présentes étaient étudiants, et ils étaient habitués à sortir régulièrement. Et l’Académie avait pensé à tout. On y trouvait discothèques, bars, pubs, cinéma, patinoire, bibliothèque, théâtre, salle de musique, de sport…

— « Pas de quoi faire du shopping ? dit Cerise, un peu déçue.

— Moi, perso, je suis déjà surprise qu’ils aient pensé à tout ça, lui répondit Erin.

— Oui, ils ont mis de sacrés moyens », rétorqua Phyl.

Sans se démonter, Cerise s’approcha de la personne qui leur faisait la visite, et lui dit :

— « Monsieur ? Je ne vois rien pour faire des achats d’ici ? C’est pas que ça soit pas cool, au contraire, l’endroit à l’air super, mais franchement, je me vois pas passer une année entière avec ce que j’ai mis dans ma valise.

— Si, si, nous y avons pensé. Il y a bien quelques boutiques. Avec la quantité d’étudiants et de personnel que compte l’Académie, il est évident qu’il y a de quoi acheter des vêtements, sinon nous passerions notre temps à faire venir des commandes de l’extérieur…

« Mais, comme les boutiques restent anecdotiques, et que nous savons que la mode est importante pour les jeunes, nous ferons venir plusieurs fois dans l’année d’autres boutiques à même le site. Afin de maintenir la sécurité du site, le passage de ces boutiques ne se fera que sur quelques jours.

« Pour ce qui est des produits de tous les jours, tels que le gel douche, le shampoing, le dentifrice, vous pourrez passer commande auprès de nos services en utilisant les ordinateurs mis à votre disposition dans vos chambres, et venir les retirer auprès de l’intendance de votre dôme. Nous avons un site web en interne dédié à ça. Sinon, vous voyez là-bas, ce grand espace vide ? »

Le professeur pointa du doigt un immense champ vide, un petit peu à l’écart de la zone de loisirs.

— « Il s’agit de l’endroit que nous appelons le champs de foire, c’est l’endroit où se situeront tous les évènements éphémère de l’Académie. Arrivée des boutiques comprises. Bon, maintenant, allons visiter le dôme France. »

Le petit groupe s’y dirigea. Erin nota au passage que la plupart des dômes avaient déjà l’air occupés et qu’ils n’étaient pas le seul groupe à faire la visite de l’Académie.

Le dôme principal du dôme France comportait les salles de cours. Elles étaient remplies d’ordinateurs, de salles consacrées à la VR et il y avait même un amphithéâtre. À l’entrée du dôme, la fameuse intendance, où ils pourraient venir chercher tout ce dont ils pourraient avoir besoin pour travailler ou comme produits de première nécessité, et un espace administratif.

Du dôme principal partait de petits couloirs qui se rendaient vers de petits dômes d’habitation. Un couloir et un dôme par classe, cinq au total.

On leur fit prendre l’un des couloirs, qui menait vers le leur : le dôme Jacquart. Il comprenait des chambres, des sanitaires, un réfectoire et une laverie. Les quatre autres classes du dôme France avaient également reçu des grands noms de l’informatique français : Pascal, Arsac, Pair et Colmerauer.

On leur demanda de se répartir en petit groupes de deux à quatre, afin qu’on puisse leur attribuer une chambre. Il n’y avait pas de chambre solo. Erin et Cerise se rapprochèrent. Phyl parti de son côté à la recherche d’un groupe qui avait l’air sympa.

Une fois la visite terminée et les chambres attribuée, on leur donna quartier libre jusqu’à la fin de la journée afin de faire connaissance avec l’établissement et de se remettre de la fatigue du voyage.