Après avoir attendu toute une nuit et vécu de longues heures d’attente stressantes, Erin avait enfin eu accès à son implant. L’outil fournit par Kwier avait fait le job et l’avait désactivé.

Elle se sentait enfin libre. Mais c’était également là que les choses sérieuses commençaient. Parce qu’une fois que tous les étudiants seraient sous contrôle, l’Académie se rendrait compte qu’il en restait une et toute son attention se focaliserait sur elle.

Elle devait donc trouver un moyen de sortir avant d’être repérée, mais avant, elle devait réunir toutes les informations nécessaires pour libérer les autres étudiants.

Comme elle était dans la place, elle était la seule à pouvoir le faire. Elle ne pouvait pas se permettre de quitter l’Académie avant d’avoir pu récupérer le plus d’informations possibles. #freedomnia n’aurait pas l’occasion de réinfiltrer une seconde fois les lieux.

A la fin de la journée, Erin se dépêcha de retourner dans sa chambre. Elle avait hâte de se connecter à #freedomnia.

D‘abord rassurer Kwier, puis savoir comment s’y prendre pour la suite.

Aujourd’hui, elle avait appris que l’Académie avait détecté une activité anormale à partir du poste d’un étudiant espagnol, et qu’il était maintenant sujet à une enquête interne. Elle était prête à parier que l’adresse IP de l’étudiant était celle qu’elle avait utilisée pour cacher ses traces, et que l’Académie ne trouverait rien chez ce pauvre étudiant. Elle se rappela de remercier Cerise pour son idée.

Par contre, elle avait utilisée une cartouche; elle devait dorénavant éviter de se servir du spoofing, sauf en cas d’urgence, parce que, si cela revenait trop souvent, ce n’est pas uniquement le poste de la personne incriminée qui serait contrôlé par l’Académie, mais il y aurait surement une vérification générale dans toutes les chambres.

Erin se connecta à #freedomnia. Kwier se montra soulagé qu’Erin soit libéré de la menace. Pas seulement parce que cela lui garantissait que son alliée n’allait pas les trahir, mais également, parce que depuis le temps que Erin et Kwier conversaient via IRC, tous les jours, il s’était formé entre eux une sorte de lien.

Ils avaient hâte de se rencontrer de visu, mais craignaient également cette future rencontre, et qu’elle ruine la complicité qu’ils avaient sur le réseau.

De toute façon, ce n’était pas pour tout de suite.

Ce soir-là, Erin, Kwier, et les autres membres de #freedomnia discutèrent la suite. La plupart des membres de #freedomnia souhaitaient qu’on libère le plus d’élèves possible.

Kwier, lui, pensait que cela donnerait des soupçons aux intendants et que ça porterait préjudice à leur plan. Finalement, la proposition d’Erin; libérer uniquement des élèves à qui elle pouvait faire confiance, c’est à dire qui n’avaient pas encore eu de blackout, fut acceptée.

Il fut ensuite question d’Erin. Tout le monde était d’accord pour dire qu’il fallait la sortir de là rapidement. Ils ne savaient pas dans combien de temps la plupart des autres élèves seraient sous contrôle, mais moins il resterait d’élèves à contrôler, plus elle risquait d’être observée.

D’ailleurs, elle avait remarqué que M. Garceau l’avait beaucoup surveillé aujourd’hui. C’était peut être de la parano, mais elle espérait qu’il ne ferait pas le lien entre les activités de la veille et elle… Et qu’il n’aurait pas non plus l’idée de la placer sous observation à hôpital et remettre en fonctionnement son implant. Peut être qu’il se demandait pourquoi ils ne la contrôlait pas déjà… Toujours est-il que M. Garceau l’avait pris en grippe depuis qu’il avait su pour Phyl et elle…

Enfin,bon… Avant de partir de l’Académie, il était nécessaire de récupérer le plus d’informations possibles.

#freedomnia dressa rapidement la liste des informations dont ils pourraient avoir besoin. Il y avait les spécifications de l’implant. Toutes si possibles. Que ce soit pour l’interfaçage avec l’ordinateur, l’accès, le contrôle… Ils en auraient plusieurs utilités, comme libérer plus facilement les étudiants, ou s’en servir eux-même pour aller sur le réseau.

Il faudrait aussi les spécifications de la barrière électrifiée. Si elle ne présentait aucune faille de conception, il faudrait savoir comment la désactiver. Ou alors, prévoir de la pirater, afin de permettre de l’ouvrir de l’extérieur. Tout cela dépendrait de sa conception…

Et puis, dans l’idéal, les plans de l’Académie, car il était toujours utile de savoir où se trouve quoi. En particulier, les salles serveurs, les bureaux de la direction, les salles techniques, ou d’autres salles dont on ne connaissait pas l’existence.

Dans une moindre mesure, si elle pouvait récupérer le nom de tous les dirigeants, membres du personnel, et personnes ayant bossé à l’Académie histoire de savoir en qui ne pas avoir confiance.

Enfin, si Erin arrivait à mettre la main sur tout autre document intéressant, il ne fallait surtout pas qu’elle hésite à le récupérer et à le faire passer à #freedomnia.

Erin ne pouvait bien évidement pas pirater le réseau interne de l’Académie depuis sa chambre. Ce n’aurait pas été discret. Et elle ne voulait pas réutiliser le spoofing, au cas où elle en aurait besoin plus tard.

Après en avoir parlé aux autres, il fut proposé que Erin agisse de nuit, en tentant de s’introduire dans l’une des salles de cours et en utilisant le réseau à partir de là. Même si elle laissait des traces, celles-ci mèneraient à la salle de cours. Tant qu’il n’y avait pas plus de surveillance que ça dans les locaux, ça devrait pouvoir le faire.

Erin se déconnecta. Elle savait que ça allait continuer à troller pendant quelques heures sur #freedomnia, et regrettait de ne pas pouvoir rester. Par contre, dans la journée du lendemain, lorsqu’elle se connecterait, Kwier, comme à son habitude, lui ferait un résumé.

C’était dur de ne participer qu’à des réunions expresses. Mais avec le temps, elle avait fini par faire confiance à Kwier, et s’il faisait confiance à la team, elle leur faisait confiance.