Le lendemain, c’était le week-end. Erin se leva plus sereine; elle avait dissimulé ou détruit tout ce qui aurait pu lui porter préjudice.

Du coup, elle allait pouvoir commencer à recruter : En cas de mauvais choix de sa part, et d’inspection de l’Académie, ils ne trouveraient rien dans sa chambre.

Mais par où commencer ? Erin se rendit compte à ce moment-là que mis à part Cerise et Phyl, elle ne connaissait pas grand monde à l’Académie. Elle connaissait bien évidement ceux de sa promo, mais de loin. Elle était trop discrète.

OK. Donc, Phyl et Cerise. Peut-être qu’ensuite, eux-mêmes auraient des idées. Quoique, vaudrait mieux éviter Phyl.

En attendant que Cerise ne se réveille, Erin aurait bien utilisé une idée de Cerise pour améliorer l’outil d’obfuscation ; l’évasion de données. Mais elle ne savait pas trop comment s’y prendre. Elle devait donc utiliser l’outil d’obfuscation, pour accéder à des sites lui permettant de comprendre comment améliorer l’outil d’obfuscation… C’était un peu le chat qui se mord la queue. Et elle préférait garder ses utilisations journalière de l’outil pour pouvoir discuter avec #freedomnia et surtout Kwier.

Peut-être que celui-ci pourrait-il faire des recherches de son côté, lui trouver de la documentation sur les techniques d’évasion et les lui envoyer via IRC une des prochaines fois. Il faudrait qu’elle lui en parle.

Cerise se réveilla. Mais Erin ne savait pas trop comment l’aborder. Cerise lui avait demandé de ne pas l’impliquer; moins elle en savait, moins elle pourrait en dévoiler à l’Académie sans le faire exprès. Mais les choses avaient changée maintenant qu’il était possible de se débarrasser du contrôle de l’implant.

Pendant tout le temps de ces réflexions Erin avait regardé fixement Cerise sans lui parler…

— « Quoi, j’ai une marque d’oreiller sur la joue ? lui dit-elle en rigolant.

— Hein, quoi ?! Oh non… »

Cerise se releva, s’étira, et regarda Erin droit dans les yeux.

— « Toi, tu as envie de parler d’un truc, mais tu sais pas comment aborder le sujet, lui dit simplement Cerise.

— Euh, qu’est-ce que… Comment tu sais?! lui répondit Erin.

— Ça se voit. Tu sais, je te connais bien. Bon, c’est quoi qui te pose problème ?

— C’est à propos de l’implant, mais on avait dit qu’on n’en parlait pas. Et c’est ça qui m’embête. »

Cerise se leva, attrapa une carafe et se versa un verre d’eau.

— « Bah, vas-y, raconte. De toute façon, depuis qu’on a dit ça, il ne s’est pas passé un seul jour sans que je me demande ce que tu faisais. En fait, je meure d’envie d’en savoir plus sur tes dernières avancées. Et puis, j’ai pris le temps de réfléchir. C’est pas en me laissant faire que ça améliorera la vie de quiconque ici. Donc si tu as un moyen de m’empêcher de me faire contrôler, je suis preneuse.

— OK. Tant mieux, ça me soulage. Oui, il y a un moyen. Par contre, faudra qu’on sorte rapidement de l’Académie prochainement par contre, répondit Erin.

— Ah bon, et pourquoi on pourrait pas juste faire semblant?, lui dit Cerise.

— Perso, je n’ai pas envie de m’y risquer. Je n’ai pas envie qu’ils se rendent compte que je suis la seule personne de l’Académie à ne pas être sous leur influence. Ca serait trop louche…

— Oui, vu comme ça. Tu l’as dit à Phyl ?

— Non, tu es la première personne à qui j’en parle. Et puis, je n’ai pas eu spécialement de contacts avec Phyl ces dernières semaines, répondit Erin.

— Écoute, dit Cerise. Je ne t’en avais pas parlé, parce que j’avais peur que tu le prennes mal. Mais depuis que tu n’es plus avec Phyl, on a continué à se voir. Et on est ensemble maintenant. Donc si je dois partir de l’Académie, il faut en parler à Phyl, pour qu’il vienne avec nous.

— Je suis contente pour toi, Cerise. Je sais que tu en as toujours pincé pour Phyl, et je suis contente que ça soit enfin réciproque. Par contre, Phyl m’avait demandé de ne pas lui faire confiance. D’ailleurs, maintenant que j’y pense, l’Académie ne voyait pas d’un bon œil que Phyl ai une petite copine… Comment tu as fait ?

— Je peux être très persuasive quand je veux… Et puis, M. Garceau m’aime plutôt bien. Je l’ai rencontré plusieurs fois et j’ai fait comme si j’adorais ce qu’on faisait ici.

— Cool. Moi, il m’a toujours eu dans le collimateur.

— Oui, je sais. Mais je ne m’imagine pas quitter l’Académie sans Phyl. Donc ce sera avec lui ou pas du tout.

— OK. Je lui parlerai, mais je garantie rien. Comme ça, si c’est une mauvaise idée, il n’y aura pas de conséquences pour toi.

— Si au moins tu essaies, moi, ça me va. Après, il fera ses propres choix…

— Et s’il ne veut pas.

— S’il ne veut pas, je t’aiderai quand même. »