Erin et Cerise devaient rejoindre Pierre, Victor, Alexis, Zara et Fabien un peu plus tard dans la soirée.

Ceux-ci n’étaient pas retournés à leurs chambres et attendaient dehors, mais Erin et Cerise avaient du retourner à la leur. M. Garceau faisait encore trop régulièrement des visites à l’improviste dans la chambre des filles pour montrer à Erin qu’il la tenait à l’œil. Cerise se retrouvait par le fait contrainte elle aussi de rester dans la chambre.

Après avoir attendu suffisamment pour s’assurer que M. Garceau ne passerait pas, les filles se faufilèrent par la fenêtre des toilettes pour se rendre à l’orée de la forêt. Sortir par leur propre fenêtre constituait un trop grand risque, car si on les voyait de loin, on pourrait remonter à leur chambre, alors que si on les apercevait de loin sortant de la fenêtre des toilettes, elles avaient un laps de temps suffisant pour fuir, et rien ne pourrait ramener à elles.

Après une sortie sans encombre, elles arrivèrent au point de ralliement.

— « Bonsoir tout le monde, dit simplement Erin. Merci d’être là. Il est de plus en plus difficile de trouver des alliés à l’Académie, et je vous remercie vivement. Vous avez remarqué que ces derniers temps, c’est Cerise qui a tout géré. En fait, M. Garceau, l’intendant de notre dôme, a des soupçons, sur moi. Bon, d’accord, on sait qu’il a raison, mais c’est super pas pratique… Enfin, bref, merci, même si maintenant que vous êtes là, vous ne pouvez plus vraiment reculer.

— Erin, qu’est-ce qu’on fait s’ils détectent qu’on a plus le programme de contrôle ? demanda Zara. »

C’était effectivement une question critique que tout le monde se posait.

— « On va éviter d’en arriver là et sortir le plus rapidement possible de l’Académie. C’est notre priorité. Il faut espérer qu’on y arrive avant qu’ils ne se rendent compte de quoi que ce soit, répondit Erin.

— Et pour nos proches en dehors ? demanda Fabien.

— Je pense qu’il vaut mieux les laisser en dehors de tout ça. Vos familles, c’est le premier endroit où l’Académie viendra vous chercher une fois que vous serez sortis de là, donc il vaut mieux éviter d’y retourner.

— Mais on pourrait leur laisser un message ? demanda Victor.

— On demandera aux gens de #freedomnia de leur donner de vos nouvelles, pour leur dire que tout va bien. Mais dans l’immédiat, vaut mieux se faire oublier.

— Je pense que l’administration française doit être au courant de ce qu’il se passe ici, dit Pierre. Pour moi, Erin a raison, si on fuit, ils nous rechercheront. On a intérêt à rester discrets le plus longtemps possible.

— Perso, je n’ai pas envie de rejoindre #freedomnia. Je suis plus qu’OK pour me tirer de là, mais pas pour prendre des risques, dit Zara.

— Tu as de la famille hors de l’Europe ? lui demanda Erin. Parce que tu ne seras pas en sécurité où que ce soit en Europe.

— Oui, j’ai de la famille au Maroc.

— Alors, tu devrais te réfugier là-bas un moment. L’Académie, c’est Européen, peut être qu’en dehors, tu seras plus tranquille.

— Lâche, murmura Fabien.

— Non, elle n’est pas lâche ! dit Cerise. C’est normal d’avoir peur! On a assez eu d’éléments bizarres par ici, et la suite des évènements est suffisamment stressante. Je comprends totalement Zara, et je ne lui en voudrais pas si une fois dehors, elle décide de partir.

— Oui, moi non plus, dit Erin.

— Alexis et moi, on se battra avec vous, ajouta Victor.

— OK, #freedomnia a besoin de toutes les recrues possibles. Mais il vaut mieux être motivé que de venir à contrecœur. Ça serait contre-productif.

— Bon, et si on commençait, dit Alexis. Plus on parle, plus on risque de se faire entendre. Sans parler du fait qu’on a toujours ce foutu truc dans la tête, et que je serai beaucoup plus rassuré lorsque je serai libéré.

— Tout à fait d’accord », dit Zara.

Ils se tournèrent vers Erin, attendant des instructions.

— « Bon, alors ce soir, on va entrer dans le dôme Hongrie, dit Erin.

— Pourquoi celui-là ? demanda Pierre.

— Parce qu’il est relativement loin du dôme France, et parce qu’après s’être un peu renseignées, il n’y a pas une grande surveillance là bas. »

Zara haussa les sourcils.

— « Depuis le jour de l’implant, certains dômes on eut des rebellions, des étudiants qui voulaient quitter le programme, expliqua Erin. Vite étouffées pour que l’on en parle pas. Mais du coup, ils ont juste gagné à être plus surveillés que la moyenne. De ce que l’on sait, ce n’est pas le cas des Hongrois.

— Une fois là-bas, on repère une salle de cours, on entre en grimpant, et on se connecte chacun à un PC. Le programme met un petit peu de temps, et il y a certains moments où vous ne vous rappellerez pas ce qu’il s’est passé, notamment au moment de la suppression de la routine de contrôle, dit Cerise.

— Du coup, Cerise et moi, on va patrouiller dans la salle et dans les couloirs surveiller, dit Erin.

— Notre but est de maintenir les patrouilles éloignées de cette salle, et de ne pas vous laisser seuls.

— Vous avez des questions ? Non ? On y va. »

La petite troupe parti en direction du dôme Hongrie et se faufila entre les dômes d’habitations. Une fois au pied du dôme principal, Erin grimpa sur la structure, et jeta un œil par plusieurs fenêtres avant de leur faire signe.

Elle entra par la fenêtre pendant que les autres montaient à leur tour. Ils se retrouvèrent dans une salle de cours en tous points similaires à la leur.

— « J’ai eu du mal à la trouver, il n’y avait pas de salle de cours à l’endroit où se situe la nôtre habituellement, dit Erin. C’est le premier dôme que l’on visite dont l’agencement interne diffère, bizarre.

— C’est peut être parce que la population Hongroise est beaucoup plus faible que la population Française, avança Pierre. Ca justifierait pourquoi les dômes d’habitation étaient petits, et pourquoi ce dôme ne ressemble pas au notre.

— Tu as surement raison, je n’y avais pas pensé. Bon, connectez-vous. Ça va faire du mouvement ce soir dans cette salle et ça risque d’attirer l’attention. Du coup, lorsque c’est fini pour vous, ressortez, et on se retrouve au point de rendez-vous. Quoiqu’il arrive, sortez. Il vaut mieux qu’un seul soit pris plutôt que tous. »

Les cinq étudiants se connectèrent à un poste, et Erin et Cerise lancèrent l’outil de suppression.

— « Je vais commencer par générer du trafic à partir d’un peu partout dans le réseau, dit Cerise. Si ça peut brouiller les pistes, ça sera toujours ça de gagné.

— OK, moi je sors dans les couloirs, et je vais aller allumer des PC partout où j’en trouve. »