Au bout d’une heure de marche, ils atteignirent enfin Luta. Il s’agissait d’un minuscule village de quelques habitants seulement. Une camionnette était située là. Ce devait être #freedomnia.

Le groupe frappa à la porte arrière de la camionnette. Celle-ci s’ouvrit sur Kwier, rayonnant et soulagé de les voir là. Puis son visage s’assombrit…

— « Il ne vous en manque pas un ? demanda-t-il.

— Oui, répondit simplement Erin. Il nous a lâchés juste avant le départ, de son propre chef. »

Kwier et Erin se regardèrent, puis elle tomba dans ses bras en sanglots. Tellement d’épreuves avaient été passées pour arriver jusqu’ici, et il l’avait soutenu à chaque fois. Elle craquait. Il la laissa pleurer un moment sur son épaule, puis quand elle se fut calmée, il l’aida à s’asseoir tranquillement.

— « Ce n’est pas encore fini. Il faut encore sortir de la vallée. L’Académie a le bras long, mais elle ne peut pas fouiller l’Europe au complet. Tant que nous sommes trop près, nous sommes vulnérables.

— OK. »

Erin retrouva son calme, les jeunes entrèrent dans la camionnette et se changèrent. Chacun se grima comme il put avec des perruques et du maquillage que Kwier avait apporté. Kwier pris le volant, puis la camionnette se mit en marche.

L’ambiance dans la camionnette était tendue et pesante. Kwier faisait ce qu’il pouvait pour détendre l’atmosphère, mais personne n’arriverait à se détendre avant d’avoir quitté les environs de l’Académie.

Il leur avait expliqué que #freedomnia avait établi son quartier général à une centaine de kilomètres d’ici. Suffisamment près pour pouvoir agir plutôt rapidement, mais suffisamment loin pour ne pas se faire repérer.

Parce que, ils allaient s’en rendre compte par eux même, l’Académie rayonnait assez loin. La plupart des fermes ou des commerces des environs avait un lien avec l’Académie. Ils fournissaient les matières premières ou transformées que l’Académie achetait quotidiennement.

Grâce à un peu de social engineering; en donnant les bons coups de fils aux bons endroits et en se faisant passer pour quelqu’un de l’Académie, Kwier avait découvert que celle-ci attendait dans quelques jours des livraisons de certains produits, comme de la papeterie ou du matériel informatique, qui n’étaient pas fabriqués localement. Il était donc normal que des camionnettes de ravitaillement circulent ces jours-ci, pour faire le trajet entre l’endroit où le matériel était acheté et le centre de stockage à l’extérieur de l’Académie. Avec un peu de chance, leur camionnette passerait pour l’une d’elles.

La perruque et le maquillage grattaient. Erin ne se sentait pas crédible… Mais bon, avec un peu de chance, ils croiseraient des équipes de sécurité pas trop regardantes et ils passeraient à travers.

Avec une perruque et du maquillage sur ses joues, elle ne ressemblait pas à la description que les autorités auraient d’elle. Enfin, si on ne s’approchait pas suffisamment pour se rendre compte qu’il s’agissait d’une perruque.

Ils avaient également compté sur le fait que l’Académie devrait d’abord faire réintégrer les chambres aux étudiants, faire l’appel et fouiller le campus avant de savoir qui s’était enfuit. Mais avec la défection de Fabien, cela changeait la donne. Il aurait tôt fait de leur dire qui étaient ses complices. Et à l’heure qu’il était, les autorités de l’Académie devaient savoir qui s’était échappé, surtout que leur petite marche nocturne avait pris pas mal de temps. Heureusement qu’Erin et Cerise avaient gardé pour elles le lieu exact du point de rendez-vous… Sinon, ce n’est pas la camionnette de Kwier qui les auraient attendus, mais un comité d’accueil beaucoup moins plaisant.